BASKET-BALL LIGUE FÉMININE (10E JOURNÉE), BASKET LANDES - TARBES. Le patron de la LFB se félicite de l'éclairage donné au basket féminin, via le derby du Sud-Ouest, dimanche au Palais des sports de Pau
Balestrière : « Donner l'envie de revenir »
Thierry Balestrière : « On peine à sortir de l'anonymat ». (Photo DR)
Successeur de Jean-Pierre Siutat à la présidence de la Ligue féminine professionnelle (depuis janvier), Thierry Balestrière sera dimanche après-midi (16 heures) un spectateur attentif du derby du Sud-Ouest entre Basket Landes et Tarbes au Palais des Sports de Pau.
« Sud Ouest ».
Que pensez-vous de l'initiative de Basket Landes de délocaliser cette rencontre à Pau ?
Thierry Balestrière. C'est une excellente initiative. Je suis toujours favorable aux coups de projecteur que l'on peut faire sur le basket féminin qui, dans son fonctionnement ordinaire, à l'exception de l'Open LFB en début de saison, manque de lisibilité. J'ignore si on sera en mesure de battre le record de spectateurs sur une rencontre de basket en Europe (8 000) que détient la rencontre Mourenx-Tarbes (en 2006), mais ce type d'événement est très important en terme de promotion de notre sport.
Parce que le basket féminin souffre d'un manque flagrant de médiatisation ?
Oui, on peine vraiment à le rendre lisible. On y parvient localement, mais on est complètement anonyme au niveau national, que ce soit sur les médias écrits ou les supports radio et télé. Pour voir un match de basket féminin sur France Télévision - qui ne diffuse déjà pas de basket masculin -, il faut être en finale d'un championnat d'Europe ! On a eu cette chance cet été, mais ça n'arrive pas tous les quinze jours. De plus, comme la retransmission du titre de l'équipe de France s'est organisée dans l'urgence, les retombées d'audience n'ont pas été optimisées, ce qui n'incite pas forcément les présidents de chaînes à le refaire. La seule autre chaîne qui s'intéresse au basket, c'est Sport +. Et là, le basket féminin, c'est zéro. Ou alors, il faut attendre les quarts de finale de l'Euro- ligue. C'est un vrai souci.
Justement, le titre des Braqueuses ne peut-il pas être un levier de promotion ?
La lumière s'est allumée durant deux ou trois jours mais s'est aussitôt éteinte, malgré les efforts de la FFBB pour porter ce titre. Tout au long de la saison, et ce devrait être le cas dimanche, on demande aux clubs qui reçoivent des équipes où évoluent des championnes d'Europe, de leur faire un petit clin d'oeil avant le match. Mais cela reste dans la famille basket.
Le basket féminin peut-il continuer à se développer malgré tout ?
Bien sûr, et il doit pouvoir continuer à se développer. On est quand même le premier sport féminin en France par le nombre de pratiquants. Après, il faut travailler sur d'autres moyens de médiatisation. Comme la webdiffusion (1). Nous avons enregistré 120 000 connections lors de l'Open. En comparaison, un match de Pro A sur Sport +, attire 300 000 spectateurs. Notre fenêtre de tir est là. Nous devons être capables de financer de la production d'images à mettre en ligne gratuitement, mais pour l'heure, nous n'avons pas les moyens de le réaliser chaque semaine. C'est donc plus compliqué de créer des réflexes, de fidéliser les internautes.
La réforme Balladur, qui prévoit d'enlever la compétence sports aux départements, ne constituerait-elle pas un frein à ce développement ?
Avant même la réforme, cette saison, les clubs de Ligue ont réduit leur voilure en terme de budget, les dirigeants ayant, crise oblige, du mal à maintenir leur volumétrie de partenariat. Après, il est vrai que ce projet pourrait entraîner de fortes modifications dans les ressources des clubs. Certains, comme Reims, ont déjà disparu de la LFB parce que leurs collectivités les ont lâchés. Mais toutes les équipes ne sont pas logées à la même enseigne. Quand un club dépend à 80 % des collectivités, un autre, comme Challes est financé à 60 % par les partenaires privés. Mais globalement, l'aspect financier est une source d'inquiétude pour tous. Le seul point positif est que cette morosité économique est européenne, ce qui nous permet de voir évoluer dans notre championnat des joueuses qui, sans cela, seraient inabordables. L'avantage est aussi qu'en France, la « sécurité de l'emploi » est mieux assurée. Les moyens des clubs sont moindres mais stables. À nous de travailler avec eux pour préserver cette stabilité. C'est aussi pour cela que la FFBB met les clubs sous contrôle pour éviter qu'ils franchissent la ligne jaune. Ce qui n'empêchera pas certains d'avoir des difficultés.
Sportivement, que vous inspire le cru 2009-2010 ?
Je suis très satisfait de ce que je vois depuis le début de saison. Le championnat est très ouvert. Hormis la situation un peu compliquée de Limoges (lanterne rouge à zéro victoire), tout le monde peut accrocher tout le monde. Chaque week-end réserve son lot de surprise.
Serez-vous à Pau dimanche ?
Bien sûr, je ne peux pas rater un événement comme celui-là. Sur le papier, l'affiche peut paraître déséquilibrée mais j'espère qu'elle ne le sera pas sur le terrain. Je suis persuadé que Basket Landes a les moyens d'accrocher Tarbes. Il ne faut pas oublier que le TGB avait tremblé à Armentières (57-63). Et là, on est sur le même scénario qu'à l'époque où Tarbes débutait sa campagne européenne le mercredi précédent. De toute façon, sur un match sec, aucune équipe n'est à l'abri d'une défaite, aussi imposante soit-elle. Mon souhait premier est que l'événement rassemble le plus grand nombre, que les spectateurs présents assistent à une belle rencontre pour qu'ils aient envie de revenir voir du basket féminin.
(1) Commenté par Aurélie Lopez (coach de Mourenx) et Polina Tzekova (ex-joueuse du TGB), le match (dimanche à 16 heures) sera retransmis en direct sur la télé en ligne du Conseil général des Landes (www.xltv-landes.org) et sur LFB. tv (www.basketlfb.com)